Yeaaah ! Studio

Yeaaah! Studio nous dévoile un univers où se mêlent animaux anthropomorphes, tatouages de marins et typographies soignées. Stéphane Casier, enfant des années 80 élevé aux dessins-animés japonais, exerce ses talents d’illustrateur en restant fidèle à son amour pour le travail fait main. 

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Agent 002 : Yeaaah! Studio a été fondé en 2006, peux-tu nous raconter sa genèse ?

J’ai créé Yeaaah! Studio avec un ami d’école, Pierre Tatin. On travaillait tous les deux en freelance dans une branche de McCann-Erickson depuis un an et l’envie d’avoir nos propres clients commençait à germer dans nos têtes. On a donc tout plaqué et on s’est lancé dans l’aventure lorsque Pierre a remporté l’appel à projet pour réaliser la com’ du festival Le Printemps de Bourges. Pendant 6 ans nous avons co-signé de nombreux projets dans le cinéma, la musique et la publicité. Fin 2012, Pierre a décidé de quitter le studio pour se consacrer à son autre passion, la musique, et j’ai continué seul. C’est à ce moment que j’ai commencé à privilégier l’illustration au graphisme.

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Agent 002 : Peux-tu nous présenter ton dossier en 3 images ?

Il y a bientôt 4 ans, j’ai réalisé l’artwork de l’album Where the Oceans End du groupe Cocoon en collaboration avec l’illustrateur Mark Maggiori. Il a fait un travail formidable sur la couverture et je devais m’occuper de l’intérieur de la pochette. Pour le clip d’une chanson de cet album, Mark avait dessiné à la plume la carte d’un monde imaginaire inspiré par les textes du groupe. Je suis parti de cette base que j’ai entièrement re-dessinée avec mon propre style et j’ai développé tout autours un univers très « Jules Vernien ». Aujourd’hui encore je suis très satisfait du rendu de cette illustration.

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Comme la plupart des enfants de ma génération, j’ai grandi en regardant les séries japonaises à la télé. J’ai d’ailleurs appris à dessiner en recopiant les personnages d’Akira Toriyama (Dragon Ball, Dr. Slump) que je reconnais toujours comme une de mes plus grosses influences. L’illustration 巨大なウサギの攻撃 (l’attaque du lapin géant) est un clin d’oeil à cette culture japonaise qui m’a nourri depuis ma jeunesse.

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J’ai récemment réalisé un visuel pour le groupe espagnol Dawn Of The Maya. Le rendu de ce genre d’illustration faite uniquement de minuscules points est très beau mais il est malheureusement aussi infiniment long. A chaque fois que je me lance dans ce type d’illustration vient un moment où je me demande pourquoi je m’inflige ça, haha.

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Agent 002 : Tu as participé dernièrement au concours Black Bones Club organisé par Converse et le magazine Be Street, avec des battles de dessins au programme, que retiens-tu de cette expérience ? 

Je n’avais jamais dessiné en live et j’étais extrêmement stressé à l’idée de devoir réaliser en deux heures une illustration de 2m20 de haut devant un public. Comme beaucoup d’illustrateurs que je connais, je déteste qu’on me regarde dessiner, surtout si je ne suis pas satisfait de ce que je suis en train de faire. Mais 10 minutes après le début du battle j’avais complètement fait abstraction du public et j’ai finalement pris beaucoup de plaisir à réaliser cette illustration. Je recommencerai sans hésiter si on me le proposait!

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Agent 002 : Tu as lancé il y a peu ta marque de vêtement, quelle est l’idée motrice de ce projet ? 

Cette marque me permet de faire vraiment ce que je veux. Quand tu travailles pour un client tu as toujours un minimum de contraintes à respecter. Même si on te laisse carte blanche tu sais qu’il y aura toujours un logo à grossir ou une couleur à changer, ça fait partie du métier et c’est normal. Là, je réalise un visuel et si les gens veulent le porter ils l’achètent, c’est aussi simple que ça. J’ai commencé par quelques visuels imprimés en séries limitées et maintenant mes modèles sont vendus dans plusieurs boutiques françaises et j’ai beaucoup de commandes de l’étranger, c’est très encourageant.

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Agent 002 : question subsidiaire : quel est ton super pouvoir ?

Je suis plutôt Batman que Superman, je n’ai aucun pouvoir, j’atteins mes buts à force de volonté et de persévérance.

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Federica Del Proposto

D’abord architecte, Federica, dessinatrice autodidacte depuis toujours, publie ses premiers fumetti chez Coconino Press. En traversant les Alpes, elle fait le pari de l’illustration avec succès (Vivre Paris Magazine, The New York Time, Voyager, D’ici et d’ailleurs Magazine…). Nous sommes heureux de l’accueillir au sein de l’agence.

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crédit Isegoria

Agent 002 : Dès l’enfance, tu montres un intérêt particulier pour le dessin, saurais-tu nous expliquer pourquoi?

Federica Del Proposto : Aucune idée, dans ma famille il n’y a personne qui dessine, pratique une activité artistique ou de manière générale qui montre un intérêt pour les arts appliqués. C’est une famille de médecins et d’infirmiers. Pourtant j’ai développé cet intérêt très tôt. Ça me fait douter des théories génétiques.

Catching them in the net – The New York Times 2013

Catching them in the net – The New York Times 2013

Agent 002 : Après des études d’architecture à Rome, tu débutes une carrière dans le dessin grâce aux fumetti et des publications chez la prestigieuse Coconino Press. Penses-tu que ces deux activités influencent ton travail d’illustratrice?

Federica Del Proposto : La bande dessinée et l’illustration sont deux domaines très différents, mais dans mes illustrations on voit bien mon côté auteure de bd, parce que j’essaie toujours d’en raconter le plus possible, en une seule image, même muette. La plupart de mes illustrations racontent une histoire en une seule case.

La diva - 2012

La diva – 2012

Du côté architecte, par contre, on ne voit rien. Même si ces deniers temps je m’intéresse à un style plus graphique, je me concentre d’abord sur ce que je veux communiquer, sur le scénario et sur l’expressivité. C’est la base de la bande dessinée, pas de l’architecture, qui souvent est caractérisée par une première recherche plus formelle.
Dans mon travail, je pense qu’on retrouve l’architecture là où cela ne se voit pas tout de suite: dans la méthodologie ou encore dans la façon de dessiner une ligne et les détails, pas dans l’idée ou dans l’ensemble.
J’essaie d’être très précise, presque carrée quand je travaille. Je dessine surtout des planches originales en utilisant des supports traditionnels (encre, crayons), par conséquent j’essaie d’éviter les fautes, en m’appliquant beaucoup lorsque je dessine. Cette rigueur, ça vient sûrement de mon côté architecte.

Carte de vœux 2014 pour Agent 002 (extrait)

Carte de vœux 2014 pour Agent 002 (extrait)

Agent 002 : Tu as fait partie de la liste des cent illustrateurs présents dans The Parisianer. Parisienne depuis 2011 la ville et ses habitants apparaissent comme source d’inspiration de ton travail, quelles sont les autres?

Federica Del Proposto : Je suis fascinée par le contraste et par les situations où dans le même moment deux choses opposées arrivent. Des situations qui par exemple font rire mais en même temps font réfléchir. Je les retrouve surtout dans le quotidien de Paris et en général dans les grandes villes, où différents personnages et personnalités cohabitent. Leurs différentes histoires se croisent, et souvent un petit accident arrive.

The Parisianer - 2013

The Parisianer – 2013

La Musique – Vivre Paris Magazine

La Musique – Vivre Paris Magazine

Agent 002 : Sur quel type de projet aimerais-tu travailler ? Sur quoi travailles-tu actuellement ?

Federica Del Proposto J’aime tester mon style sur des sujets différents, chaque nouveau projet est comme un nouveau challenge, où les contraintes peuvent être en réalité une découverte. Il y a des sujets qui m’intéressent plus, parce qu’ils font partie de ma recherche personnelle, je pense par exemple aux personnages “en constraste”  dont je vous parlais, mais je n’ai pas peur de ce que je n’ai pas encore illustré. Par exemple j’ai dernièrement dessiné mes premières illustrations de mode, un sujet loin de mon imaginaire habituel.

Avenue Montaigne – Vivre Paris Magazine

Avenue Montaigne – Vivre Paris Magazine

Depuis quelques jours, je travaille sur le plan du Village Saint-Martin. Dans ce projet il y a avant tout un sujet que je n’avais pas du tout prévu: l’urbanisme. J’ai toujours eu envie d’unir mes deux moitiés, l’illustratrice et l’architecte, mais pour moi ce sont encore deux recherches séparées. Je pense que ce projet est un bon début pour réconcilier mes deux moitiés. Pour souligner la particularité de ce projet je suis aussi en train d’utiliser plus de couleurs que d’habitude. Finalement, j’ai remarqué que j’ajoute une couleur à mes illustrations tous les quatre mois.

Village Saint-Martin (projet en cours)

Village Saint-Martin (projet en cours)

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Village Saint-Martin (projet en cours)

Agent 002 : Et enfin, as-tu un super pouvoir?

Federica Del Proposto : Bien sûr! Le dessin! Entourée dans ma famille par des médecins et ensuite par des architectes, le dessin est mon super-pouvoir.

 Watching the Summer

Watching the Summer

Agent 002 dans 100 Illustrators

Taschen vient de publier un magnifique ouvrage en deux volumes réunis dans un coffret  et intitulé 100 Illustrators.

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Le meilleur de l’illustration, avec un petit dossier par artistes, une sélection de leurs travaux. L’équipe d’Agent 002 se retrouve en bonne place avec cinq illustrateurs présents.

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Un grand merci donc à Nora Dohrmann, Daniel Siciliano Bretas et Julius Wiedeman. À noter que dans la foulée de cette belle parution, les éditions Taschen organisent une vente privée (du 23 au 25 janvier) de calendriers et agendas dans leur joli store de la rue de Buci dans le 6ème, d’avantage d’informations par .

Marianne Ratier

Après avoir suivi des études de lettres puis de communication visuelle à l’ECV, à Paris, Marianne Ratier passe d’abord par la publicité avant de se consacrer pleinement à l’illustration. Depuis 2008, elle a publié deux romans graphiques et un livre pour enfants. Elle réalise de nombreux projets dans le domaine de la mode (Homecore, Bérangère Claire, Kitsuné, Le Mont-Saint-Michel) ou de la presse écrite (Marie-Claire, Cosmopolitan, Papier Mâché, Milk), et montre régulièrement ses travaux personnels dans des expositions, notamment celle du Barbershop fin 2012. Elle rejoint l’équipe d’Agent 002 en cette rentrée 2013.

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Agent 002 : En quelques mots, peux-tu résumer ton parcours et ce qui t’a amené à l’illustration ?

Marianne Ratier : Petite fille je voulais faire des livres pour enfants. Mais après le bac je me suis dit qu’il serait trop difficile de vivre du dessin. J’ai donc longtemps tourné autour du pot : d’abord des études de lettres, puis d’arts appliqués. Après l’école j’ai travaillé quelque temps dans la publicité ; j’étais encore chez Publicis au moment où «Fin décembre», mon premier livre, est sorti. C’est là que j’ai voulu tenter ma chance et faire ce dont j’avais vraiment envie.

extrait de "Fin Décembre", éditions Carabas

extrait de "Fin Décembre" (Carabas)

extrait de "Fin Décembre", éditions Carabas

extrait de "Fin Décembre" (Carabas)

Agent 002 : Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ?

Marianne Ratier : J’aime bien le moment où l’idée arrive, où l’on fantasme un peu le dessin ; souvent il est d’ailleurs assez différent de ce qu’il sera à l’arrivée ! Mais j’adore aussi l’étape plus technique de réalisation, où je réfléchis moins mais où je dois rester concentrée sur le crayon pendant longtemps. C’est un peu comme quand on fait du sport ; la main travaille toute seule et l’on pense à autre chose, ça détend.

esquisse du signe du Lion - Cosmopolitan août 2013

esquisse du signe du Lion – Cosmopolitan août 2013

deuxième étape : le dessin au trait - Cosmopolitan août 2013

deuxième étape : le dessin au trait

mise en couleurs

mise en couleurs

Agent 002 : Tu as eu l’occasion d’exposer au restaurant Barbershop, parle-nous un peu de cette collaboration…

Marianne Ratier : Quand Tyrsa (Alexis Taieb) m’a proposé d’exposer au Barbershop pour la rentrée 2012, il me restait l’été pour réaliser une série cohérente. Je voulais une idée en rapport avec le lieu. J’ai donc choisi dix plats de la nouvelle carte du restaurant que j’ai revisités en motifs, du tartare au cheesecake, en passant par le mojito. J’ai imaginé ces ratons voleurs que l’on retrouve dans chaque visuel pour créer un accident, casser le côté mathématique de la répétition.

au menu : le mojito du Barbershop

en apéritif : le mojito du Barbershop

Caesar salad

Caesar salad

en dessert  : le cheesecake

en dessert : le cheesecake

Agent 002 : Quelles sont tes sources d’influence et vers qui vont tes admirations dans ce métier ?

Marianne Ratier : Comme pour tout le monde, mes sources d’inspirations sont dans beaucoup de choses. Si l’on s’en tient au dessin, je crois que mes premières envies sont nées des albums de Maurice Sendak ou encore ceux de Tomi Ungerer (Les Trois Brigands, Le Géant de Zéralda), mais aussi de dessins animés comme Le Roi et l’Oiseau que je regardais en boucle.

extrait de "La petite taiseuse" (Naïve)

extrait de "La petite taiseuse" (Naïve)

Plus récemment, les rétrospectives sur le travail de Moebius et de Robert Crumb, ou encore David Shrigley pour son minimalisme et son humour, et plus abstrait, Cy Twombly pour son travail sur le trait. 

Moebius a inspiré cette illustration pour la marque Quenotte

Moebius a inspiré cette illustration pour la marque Quenotte

extrait de "Fin décembre" (Carabas)

extrait de "Fin décembre" (Carabas)

Agent 002 : As-tu des projets, des envies en ce moment ?

Marianne Ratier : Je développe de plus en plus les motifs ; j’ai plusieurs travaux en cours avec des marques de prêt-à-porter.

Visuel au Bic pour la marque de vêtements Bérangère Claire

Visuel au Bic pour la marque de vêtements Bérangère Claire (PE 2012)

Mais surtout, je voudrais prendre le temps de me consacrer à un nouveau projet d’édition (album ou bande-dessinée) ; je n’en ai pas fait beaucoup, mais c’est ce que je préfère ! Une nouvelle collaboration avec Stéphanie Bonvicini, l’auteur de La petite taiseuse, va peut-être bientôt voir le jour ; mais il est encore trop tôt pour en parler d’avantage !

extrait de "La petite taiseuse" (Naïve)

extrait de "La petite taiseuse" (Naïve)

Agent 002 : As-tu un super pouvoir ?
Marianne Ratier : Oui ! Comme disait mon grand-père, j’ai "une horloge dans le ventre" : je sais toujours l’heure qu’il est.

revue Influencia

revue Influencia

(retrouvez cet entretien sur papier dans le magazine Studio 002 n°6 – automne 2013)

Rencontre avec Laure Dorin

Après une formation aux Arts-déco de Strasbourg, Laure Dorin travaille en étroite collaboration avec Karambolage (Arte) pour qui elle a déjà réalisé une dizaine d’animations. Jonglant entre animation et illustration, Laure vient de rejoindre Agent 002.

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Agent 002 : Quel a été le point fort de ta formation aux Arts décoratifs de Strasbourg (aujourd’hui rebaptisés Haute école des arts du Rhin) et fais-tu une différence entre une approche didactique ou créative dans ta manière d’aborder une image ?

Laure Dorin : J’ai suivi l’option Didactique visuelle aux Arts Décoratifs, et il me semble que son point fort tient du fait qu’elle laisse champ libre au support artistique. L’idée est de transmettre un savoir, un apprentissage, un propos didactique, à nous de trouver le medium qui nous conviendra le mieux. Certains axent sur le graphisme, d’autres davantage sur l’illustration, la photo ou encore la vidéo, mais l’idée de fond reste la même, le propos didactique. Je ne fais pas de différence entre une approche didactique et créative car l’une me paraît inhérente à l’autre et le processus est le même : trouver l’idée puis le meilleur moyen de l’exprimer.

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Orange 4G – réseaux sociaux (agence Marcel)

Agent 002 :  Peux-tu nous parler de ta collaboration régulière avec Arte sur les films de Karambolage et le processus créatif habituel ?

Laure Dorin : On trouve rarement une collaboration aussi évidente que celle-ci, car j’ai véritablement carte blanche ! J’ai souvent le choix entre plusieurs textes écrits par les auteurs de Karambolage, et de celui qui m’inspire, je reçois l’enregistrement de la voix-off. À partir de là, je découpe le texte dans ses points forts et j’essaye de trouver une idée forte qui filera sur toute l’animation. Pour "l’assiette à salade", j’avais envie de travailler sur le motif, pour différencier la France de l’Allemagne.

 Karambolage - storybard du sujet "l'assiette à salade"

Karambolage – storybard du sujet "l’assiette à salade"

Pour le mariage franco-allemand, comme le propos était très administratif, j’ai pensé toute l’animation sur l’idée du parcours du combattant et du jeu vidéo. Quand je tiens mon fil conducteur, je croque un storyboard, puis je me nourris d’images, proches du thème ou non, et de références personnelles. Je travaille ensuite assez longuement ma palette de couleurs (même si je retombe souvent dans les mêmes), comme à l’ancienne, car c’est sur elle que je m’appuie pour garder une unité dans l’ensemble de l’animation. Je fais d’ailleurs des captures d’écran tout au long de la création de l’animation pour pouvoir en avoir un aperçu général sous forme de storyboard, et c’est ce qui me permet de ne pas m’éloigner de mon ambiance graphique, ce qui est le risque quand on travaille plus d’un mois sur un projet.

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Karambolage – "le mariage franco-allemand"

L’équipe de Karambolage m’attribue définitivement le texte après avoir visualisé 20 secondes d’animation, j’envoie ensuite régulièrement l’évolution de mon travail. J’ai énormément appris grâce à Karambolage. Claire Doutriaux a beaucoup d’expérience et maitrise parfaitement le contenu de son émission, et c’est grâce à elle et son équipe que depuis les premières animations j’ai notamment fait évoluer mes personnages et apporté davantage de soin à la qualité de mes transitions. Les corrections qu’elle me demande sont toujours très justes, c’est extrêmement agréable de travailler avec un client qui ne te demande pas de changer la couleur du fond parce qu’il lui rappelle le napperon de sa grand-mère, et c’est surtout inestimable qu’il te permette de progresser.Karambolage_geste_2

Agent 002 :  Quelles sont tes sources d’influence et vers qui vont tes admirations dans ce métier ?

Laure Dorin : Mes sources d’influence viennent de plein de choses qui n’ont rien à voir et qui se télescopent : les jeux vidéo de mon enfance, les dessins animés russes (dont « Le petit cheval bossu »), les gravures anciennes, l’imagerie didactique surannée, les illustrations des années 50-60… Pour le coté "histoire de l’art", ce sont les estampes japonaises, l’Art Nouveau, les affiches constructivistes, Klimt…  et plus récemment Raoul Dufy  pour qui j’ai eu véritable coup de cœur il y a quelques années avec l’exposition organisée au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Il y a une spontanéité et une fraîcheur dans ses œuvres qui me donnent envie de dessiner là, maintenant, tout de suite.Karambolage_chasse_2

Je suis naturellement attirée par des images très colorées, comme les dessins de Mary Blair pour Walt Disney, les aquarelles de Brecht Evens, les tableaux de David Hockney. Très souvent ce sont des images qui associent aplats de couleur et détails minutieux qui attirent mon attention. Depuis quelques jours c’est le collectif Hell’o Monsters qui a toute mon admiration.

Orange 4G (extrait)

Orange 4G (extrait)

Mes parents ont tenu pendant une quinzaine d’années un magasin de jeux de société, et j’ai beaucoup joué aux jeux vidéos avec mes frères, je crois que l’univers du jeu  influence mon travail : J’aime le graphisme des plateaux de jeux et des cartes à jouer, celles très colorées du jeu « 1000 bornes » etc. Surtout, ça a influencé ma manière de travailler. Je suis joueuse, alors j’essaye de me challenger et de me trouver un défi pour chaque nouveau projet, pour m’amuser à chaque fois.. Ça tient souvent à peu de choses, une couleur que je n’utilise jamais par exemple, comme le vert de l’animation sur le langage des signes !

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Agent 002 : Quel serait le boulot de rêve te concernant ?

Laure Dorin : Conceptrice de nuages moutonneux. Non, créatrice de couleurs pour poissons abyssaux.
Plus sérieusement, je crois que je n’en suis pas loin, à un détail près, le statisme. En fait mon boulot de rêve serait le mien mais en plus mobile. Il faudrait que je puisse travailler en marchant et que je puisse à tout moment dire "gogogadjectoboulot" pour sortir un ordinateur. Et en même temps je me dis que ce n’est pas vraiment impossible non plus. Cette question me trouble.

Agent 002 :  As tu un super pouvoir, et si oui, lequel ?

Laure Dorin : Celui de travailler en marchant, j’ai trouvé une solution entre temps.cultureciné

Entretien avec Alexandra Pichard

Alors qu’elle compte à son actif plusieurs publications dans le domaine de la jeunesse la non moins jeune Alexandra Pichard vient de rejoindre l’équipe d’Agent 002. Présentation.

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Agent 002 : en quelques mots, peux tu résumer ton parcours et ce qui t’a amené à l’illustration?

Alexandra Pichard : Tout a commencé il y a une vingtaine d’années, en lisant un livre pour enfants dont l’intrigue principale tournait autour d’une bouilloire qui siffle. L’envie d’être illustratrice comme celle d’avoir une bouilloire qui siffle a été immédiate. J’ai donc fait des études d’illustration aux Arts décoratifs de Strasbourg et j’en suis sortie diplômée en 2009. Je suis maintenant comblée car mes deux souhaits se sont réalisés.

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Agent 002 : Quelles sont tes références, tes inspirations ?

Alexandra Pichard : Je suis intéressée par les personnages. Je les aime drôles ou pathétiques, en décalage avec le monde dans lequel ils vivent. En ce sens, les dessins de Sempé sont les plus jubilatoires. Autrement, les livres illustrés qui m’ont laissé les meilleurs souvenirs sont des bandes dessinées : le petit Christian de Blutch, et Quai d’Orsay de Christophe Blain, pour leur humour,  la richesse et l’expressivité des personnages.

Mes films d’animation préférés sont ceux de Hayao Miyazaki : Mon voisin Totoro et Ponyo sur la falaise. Au cinéma, j’ai aimé Greenberg de Noah Baumbach, dont le protagoniste, fragile et acariâtre, suscite simultanément l’antipathie et l’attachement. En littérature, c’est Gros-câlin de Romain Gary qui m’a le plus marquée.

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Agent 002 : Peux-tu nous présenter ton dossier en 3 images

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Alexandra Pichard : Cette page est extraite de Muette, écrit par Anne Cortey, aux éditions Autrement. L’héroïne du livre ne participe pas à la vie familiale mais préfère s’isoler. J’ai traduit cela graphiquement par la contre-forme dans laquelle la fillette est enfermée et la différence de traitement des personnages au deuxième plan.

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Être responsable est un titre de la collection Chouette ! Penser aux éditions Gallimard Jeunesse Giboulées. J’ai illustré un passage du livre dans lequel le jeune narrateur doit surveiller son petit frère. Il compare cette responsabilité à un poids et s’inquiète de ne pas être à la hauteur de la charge qu’on lui confie. J’ai trouvé amusant de jouer avec le rapport d’échelles entre les deux personnages.

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L’image suivante a illustré un article sur le rôle de l’État en matière industrielle, dans la revue Le Mook. Il s’agissait de faire le lien entre développement de l’industrie et augmentation du pouvoir d’achat. Le grue, symbole de l’industrie, dépose avec simplicité une maison déjà investie par ses habitants. Acquérir un bien immobilier paraît ne demander aucun effort. 

Agent 002 : Quelles sont tes envies du moment, tes projets ?

Alexandra Pichard : Je viens d’illustrer une histoire de Vincent Cuvellier, «Les socquettes blanches»,  à paraître aux éditions Gallimard Jeunesse Giboulées en avril. Maintenant je travaille sur mon propre album jeunesse. Je n’avais pas mené de projet personnel depuis Herman et Dominique, paru en 2009 chez Thierry Magnier, c’est donc un moment très excitant. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il sera question d’une fourmi, d’un poulpe, et d’une partie de ping-pong.

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Agent 002 : As-tu un super pouvoir ? Lequel ?

Alexandra Pichard : Je peux me transformer en singe si je fixe la pleine lune.

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À la découverte de Cachetejack

Cachetejack? Sous ce nom se cachent Nuria Bellver et Raquel Fanjul, un duo d’illustratrices espagnoles basé à Valence.
Leur univers graphique est plein de couleurs, d’énergie, d’humour et d’ironie. Leurs dessins à la main offrent un style frais et unique qui leur permettent de travailler pour une grande variété de supports : livres, magazines, journaux, vêtements, murs …
Cachetejack rejoint Agent 002 ce mois-ci.

Agent 002 : À quand remonte la formation du duo Cachetejack, que signifie ce nom, bref pouvez-vous vous présenter?

Cachetejack : Nous nous sommes rencontrées aux Beaux Arts il y a sept ans. Nous sommes amies et toujours en train d’échanger nos meilleures blagues. Lors de notre dernière année d’étude, nous avons réalisé que cet humour qui nous liait pourrait être la marque de notre travail. Nous sommes Cachetejack depuis deux ans maintenant. Pour nous Cachetejack est un monstre à deux têtes qui apparaît lorsque nous sommes ensemble…

Agent 002 : Comment vous partagez-vous le travail?

Cachetejack : Nous travaillons toujours ensemble, c’est un travail d’équipe et les idées nous viennent en parlant de tout et de rien, dans les moments de la vie quotidienne, avec nos amis… Nous travaillons dans notre studio baptisé “Pisito Franco”, nous y travaillons côte à côte. Nous sommes une équipe et de fait chacune peint, pense et dessine.

Agent 002 : Quelles sont vos influences?

Cachetejack : Beaucoup d’illustrations nous touchent, entre autres, l’illustration anglaise mais aussi de vieilles images tchèques ou polonais tout autant que le “street art”… Mais nous ne nous contentons pas de références dans le domaine de l’art, nous les recherchons un peu partout. Nous adorons faire les marchés aux puces, trouver des objets originaux ou avec des combinaisons de couleurs intéressantes, observer les gens et leur façon de s’habiller… Il faut être ouvert d’esprit, ça aide pour trouver des idées autant que dans la vie de tous les jours.

Agent 002 : En tant qu’illustratrices, quelles sont vos envies dans un futur proche?

Cachetejack : Nous apprécions énormément d’avoir un travail où nous sommes libres. Nous aimons tout autant suivre nos projets personnels que répondre à des commandes. C’est formidable d’avoir assez de temps pour travailler sur ce qui nous plaît, mais aussi de le faire dans un endroit comme notre studio que nous avons choisi et apprécions. De même, nous avons la liberté de pouvoir voyager, d’apprendre d’autres personnes et cultures. Pour ce qui est de notre rêve, il pourrait se résumer ainsi : “Nous sommes Cachetejack, nous sommes illustratrices et nous prenons plaisir ainsi!”

Agent 002 : Cachetejack, avez-vous des super pouvoirs?

Cachetejack : Bien sûr, l’humour et c’est pour nous le plus important. La beauté et la séduction ne sont jamais très loin mais c’est l’humour qui domine. Tout dans notre vie passe par là, les problèmes ne sont jamais si grands lorsqu’on les prend avec humour…

Entretien avec Iris Hatzfeld

Après un DESS d’Histoire de l’art à la Sorbonne, Iris Hatzfeld, férue de dessin depuis la lecture de ses premiers "Fantômette", crée en autodidacte des animations dans le style spontané d’une esquisse en mouvement. Elles entraîneront son premier contrat avec Warner Music France.
Elle a depuis collaboré avec La Mutuelle Générale, Baby Dior, et Ines de la Fressange pour qui elle réalise depuis plus d’un an les animations des "Carnets d’Ines" chez Roger Vivier, tout en menant une recherche personnelle de dessinatrice, visible dans des magazines tels que Sang Bleu, Frédéric magazine ou l’Officiel de la Mode.
Elle a rejoint le département Studio d’Agent 002 en mai 2010.

Agent 002 : quel est ton parcours et comment es-tu arrivée à l’illustration et l’animation ?

Iris Hatzfeld : Parallèlement à des études d’Histoire de l’art à la Sorbonne, j’ai suivi des cours du soir dans une académie de dessin. Je tenais des carnets d’expositions dans lesquels je croquais beaucoup. Mes amis ont commencé à me demander de faire des visuels pour leurs soirées. À la fin de mes études, j’ai rencontré Marc di Domenico, fondateur du label Palass. Il était tombé sur les quelques secondes d’animation que j’avais réalisées jusque-là pour le collectif Promiscuita. Il m’a proposé de réaliser le clip du premier single, "le Gang", des BB Brunes, un petit groupe de rock qui venait de faire un carton aux "Rock’n’Roll Fridays" du Gibus. J’ai accepté sur un coup de tête. Quelques semaines plus tard j’avais réalisé un clip diffusé en boucle sur MTV! C’était drôle et inattendu.

image tirée du clip "le gang" des BB Brunes

J’ai choisi de poursuivre dans cette voie. A côté de l’animation, j’ai continué à dessiner, à proposer ma contribution à des magazines qui m’intéressaient. Le très beau Sang Bleu fut l’un des premiers et des plus stimulants avec une série au fusain sur le thème de l’hiver nucléaire.

Magazine Sang Bleu – l’hiver nucléaire

Suite à la publication d’une série de portraits sans visage sur le site de Frédéric Magazine, Adrien Pelletier m’a demandé d’illustrer "les Nouvelles à la loupe" de Nicolas Bedos dans l’Officiel de la mode. Les commandes donnent l’occasion de varier techniques et supports.

L’Officiel de la mode – David Bowie

L’habillage du site de vente en ligne de vêtements pour enfants Little French fut l’occasion, par exemple, d’illustrer sur ordinateur un univers enfantin.

Little French

Agent 002 : quelles sont tes influences et tes inspirations ?

Iris Hatzfeld : Mes premières héroïnes étaient dessinées: les filles audacieuses et sexy de Cat’s Eyes, Lamu, Fantômette par Josette Stefani: j’avais envie de faire partie de leur bande et par extension c’est en les regardant que j’ai commencé à dessiner. Les princesses diaphanes d’Adrienne Ségur me fascinaient. Je restais également plongée de longs après-midis dans les albums de Moebius. Aujourd’hui le travail de David Hockney  m’intéresse beaucoup. Je reviens de son exposition au Guggenheim de Bilbao qui est splendide, très inventive. Son usage de l’Ipad est d’une ingéniosité saisissante. Il m’a donné l’idée,  l’année dernière, d’entamer une série de portraits au doigt sur Iphone.
Parmi les réalisateurs d’animations, j’aime Saul Bass et John Whitney.

Portrait réalisé par Iris sur I-phone – "Hugues"

Agent 002 : Parle-nous de ta collaboration depuis quatre ans aux "Carnets d’Ines"  pour le site du chausseur Roger Vivier.

Iris Hatzfeld : Ines de la Fressange était l’ambassadrice des souliers Roger Vivier depuis quelques années. Elle avait déjà ce projet en tête quand elle a rencontré Marin Montagut, le futur réalisateur des Carnets. Son idée de départ était de  présenter ses meilleures adresses à Paris dans un format court et sur un ton léger. Marin lui a montré nos réalisations associant vidéo et animation. Il fallait que les animations apportent de la fantaisie et un peu de désordre, comme des croquis sur un carnet de bord. Je m’amuse beaucoup à détourner le support vidéo avec des dessins, à faire dialoguer les deux avec humour. On a commencé il y a déjà 4 ans. Aujourd’hui les Carnets ont du succès et on vient de lancer les Amis d’Ines, sa version internationale avec un nouveau générique animé et dans chaque ville une invitée de choix. L’équipe de Roger Vivier nous laisse très libres et nous travaillons dans un climat de confiance.

les animations d’Iris pour les carnets d’Ines sont à découvrir ici : http://www.rogervivier.com/fr/#/les-carnets-d-ines

Agent 002 : Tes projets en cette rentrée 2012 ?

Iris Hatzfeld : Je viens de terminer une campagne de rentrée 2012 pour la Mutuelle Générale. Une douzaine d’animations pour internet et deux pour la télévision.

La Mutuelle Générale – campagne 2012

Juste avant, j’ai réalisé une série de dessins aquarellés pour des brochures Baby Dior qui sont actuellement distribuées en boutiques.

Baby Dior

Les Carnets continuent avec un épisode parisien de rentrée et des vidéos habillées autour de l’ouverture de la boutique Roger Vivier à Pékin. Actuellement, je travaille sur la pochette du second EP de Cinéma pour Adulte et sur une publicité psychédélique en animation, pour une marque de maquillage imaginaire. Je rêve de réaliser un générique de film cette année.

Agent 002 : Iris, as-tu un super-pouvoir ?
Iris Hatzfeld : Oui ! Je ne rate jamais mon risotto.

Entretien avec Denis Carrier

C’est au creux des montagnes alpines que Denis Carrier (et sa grosse barbe) crobarde et dessine le plus clair de son temps. Passionné de musiques et de guitares en tout genre (il a notamment réalisé une affiche pour Arcade Fire dans le cadre "Art Rock", du festival Rock en Seine), le casque vissé sur les oreilles et un pied sur sa planche fétiche, ce Grenoblois d’adoption porte un regard attentif sur le monde qui l’entoure.
Il dessine pour la presse (The New York Times Magazine, Newsweek Magazine, Le Monde ou Wired), la SCNF, et s’est même mis à nu avec une série de caleçons pour Pull In ! Un style naïf qui laisse la part belle à l’idée, et des idées, il n’est pas prêt d’en manquer !

Denis Carrier dans son atelier

Agent 002 : Bonjour Denis, en quelques mots, peux tu résumer ton parcours et ce qui t’a amené à l’illustration?

Denis Carrier : À  la base, j’ai une formation de designer graphique et par la suite je me suis tourné vers l’illustration car je n’arrivais pas à trouver suffisamment de projets de graphisme dans lesquels m’épanouir. Je voulais me retrouver face à un questionnement (de fond ou de forme) et non pas dans de l’exécution bête et méchante. Après quelques mois à démarcher, j’ai trouvé quelques commandes où je retrouvais cette envie et les années passant, j’ai continué dans cette voie. Aujourd’hui, j’ai laissé un peu de côté le design graphique pour me consacrer quasi essentiellement à l’illustration.

Agent 002 : Quelles sont tes références, tes inspirations ?

Denis Carrier : Je penses tout de suite à des gens comme Savignac, Saul Bass, Sempé, Joseph Müller Brockmann, Dieter Rams mais aussi Sagmeister pour sa manière de voir la pratique professionnelle. J’aime trouver dans une image, une histoire qui arrive à exister dans une économie de moyen graphique. Je trouve que cela renforce celle-ci car chaque élément a un réel rôle à jouer dans la compréhension de l’image.

Agent 002 : Peux-tu nous présenter ton dossier en trois images ?

La première est un poster d’Arcade Fire réalisé dans le cadre d’une exposition pour le festival de musique Rock en Seine.

Poster d’Arcade Fire pour le festival Rock en Seine 2010

Il y a deux ans, j’ai eu la chance d’être appelé à participer à cette exposition et encore plus d’illustrer la tête d’affiche du festival qui se trouvait être l’un de mes groupes préférés. Étant totalement libre dans le processus de création. J’ai choisi de créer une image forte, chargée de petites références. Le résultat a été ce poster naviguant entre spirituel et graphisme minimal.

un kiss pour Gap (t-shirt)

Cette seconde image est une illustration pour un t-shirt pour la marque Gap. C’est un dessin qui vient de mon habitude à chercher tout les jours une idée graphique. Celui-ci utilise un mécanisme typographique basique qui permet d’illustrer le mot de manière humoristique tout en restant le plus simple possible. J’aime l’idée qu’en voyant le dessin les gens se disent “mais oui, comment je n’avais pas pu remarquer ça !”
Par la suite, ce dessin à été vu par Threadless qui l’a proposé à Gap et maintenant on peut le retrouver un peu partout aux États-Unis.

La Maroquinerie – septembre 2010

Après le poster d’Arcade Fire, la salle de concert La Maroquinerie m’a proposé de réaliser leur programme. Après plus d’un an de collaboration ensemble sur une base d’illustration vectorielle, début 2012, nous avons décidé de faire évoluer les programmes et j’ai proposé de passer à de la photo. L’idée était de transférer mon travail d’illustration avec des objets réels. Pour cela, le mécanisme est le même qu’une illustration standard, je cherche des idées et quand des pistes intéressantes prennent forme, je passe une demie journée avec le photographe Christophe Levet pour trouver la bonne lumière et avoir une qualité d’image impeccable. Le but est d’essayer de ne pas retoucher les images et d’obtenir une image forte suffisant à elle-même.

La Maroquinerie – septembre 2012

Agent 002 : Quelles sont tes envies du moment, tes projets ?

À l’heure actuelle, j’ai envie de continuer à avancer à mon rythme et accumuler de l’expérience. Cela ne fait que 2 ans que l’illustration est au centre de ma pratique et j’ai encore pas mal de route à parcourir avant d’en avoir fait le tour (si je le fais un jour…). J’aimerais  pouvoir continuer à mixer les clients et à l’avenir travailler autant pour la presse, la pub et la mode.
J’ai également l’envie de continuer à travailler mon dessin et d’affiner celui-ci. Et peut-être penser plus sérieusement à la création d’un album illustré.

The Blood Next Door : l’interview

The Blood Next Door est un duo d’artistes fondé en 2007 par anthony peskine et Nazheli Perrot, qui ont à ce jour 60 ans à eux deux. Ils se sont rencontrés pendant leurs études aux Beaux Arts de Paris.
Ils créent des photomontages apportant à leur époque un miroir déformant. La technique de composition, de prises de vues et surtout de retouche est pour eux d’une extrême importance pour la crédibilité des visuels. Leur travail est d’abord diffusé dans des galeries d’art à Paris, Mulhouse, Nothingham et Townsville (Australie). Leurs images sont publiées dans Le Monde 2, Respect Magazine et Palace Costes. Ils gagnent également des prix photographiques, tels que le prix de la photographie de l’année 2008, catégorie jeunes talents, les récréations photographiques de la Fnac en 2009, sont finalistes au prix Arcimboldo en 2009, et remportent un prix à Photo-Levallois en 2011.
En 2011, ils sont contactés par Gaspard Royant, chanteur, afin de lui produire une image. Cette collaboration leur donne le goût de la commande. Ils réfléchissent, se brossent les dents, puis décident de pousser la porte d’Agent 002 en mai 2012.

The Blood Next Door : Nazheli Perrot & Anthony Peskine

Agent 002 :  vous travaillez en duo sous le nom de The Blood Next Door. Quelle est l’origine de cette association et de ce nom ?

The Blood Next Door : Nous nous sommes rencontrés aux Beaux Arts de Paris, et nous avons commencé à faire des photos ensemble pour nous amuser. A la sortie de l’école, nous avons pris goût à nos créations et avons commencé à structurer notre duo. Le nom vient de la tonalité de nos images, et nous avons souhaité un nom en anglais pour rendre notre travail accessible partout. "The Blood Next Door" est tiré de l’expression anglo-saxonne "The boy (girl) next door", qui veut dire le voisin, monsieur tout le monde. Nous y remplaçons le terme concernant une personne par blood (sang), pour insérer l’idée d’une autre dimension dans la vie de tous les jours.

Agent 002 : Comment vous est venue l’idée de l’affiche de la fête des mères ? Comment concevez-vous vos photos ? Comment vous répartissez-vous les rôles ?

The Blood Next Door  : Michel Lagarde nous a demandé de faire une petite image pour illustrer la newsletter de la fête des mères. Nous avons donc voulu évoquer les cadeaux embarrassants des enfants pleins d’amour sans pour autant parler de l’éternel "collier de nouilles". Et comme nous aimons l’excès, nous avons réfléchi à un cadeau extrêmement embarrassant ; et quoi de plus embarrassant qu’un rat mort ?

Fête des mères 2012

Pour la répartition des tâches, c’est bien évidemment Nazheli qui fait la cuisine et la couture et Anthony qui répare les fuites dans le toit. Sinon, pour les photos, nous faisons tout ensemble de A à Z. Pas de fonction attitrée.

making of "le poisson"

visuel final "le poisson"


Agent 002 : Vous vous sentez plus proches de l’illustration que de la photo, pouvez-vous nous expliquer cela ?

The Blood Next Door  : C’est très directement lié à la façon dont nous travaillons nos images. Nous les élaborons plus comme une illustration ou une peinture que comme un simple cliché. Nous commençons par travailler la composition en dessin, nous effectuons les prises de vue, puis entamons le travail de retouche qui est de loin le plus important. Lors de cette phase beaucoup de choses peuvent changer par rapport à la matière acquise pendant les prises de vue (couleurs des éléments, tailles, emplacements). C’est à ce moment-là que l’on se sent vraiment plus proches de l’illustration.

"Famille"

le making of de "Famille"

Agent 002 : Quels sont vos projets photos préférés ?

The Blood Next Door  : Nous aimons les idées qui naissent de manière très inattendue lors de discussions. La photo "La Pause", par exemple nous est venue à l’esprit lors d’une conversation en voiture sur l’autoroute. Nous avions d’abord pensé à des pompiers ne se souciant pas d’un incendie qui se produisait juste derrière eux. Après avoir mûri l’idée, les pompiers sont devenus des policiers et l’incendie a été remplacé par une série de délits plus ou moins graves et tout à fait flagrants. Nous leur avons mis des hamburgers dans les mains parce que le hamburger a quelque chose de la nourriture universelle.

La pause

Il est intéressant aussi de travailler avec un but particulier. Lorsque l’on fait une carte de vœux, par exemple comme celle de 2012.

Voeux 2012

C’est l’image de Gaspard Royant qui était intéressante en ce sens. Parce qu’il fallait répondre à la demande d’un musicien qui souhaite se présenter tout en gardant notre personnalité. Nous avons eu de très bons échanges avec Gaspard qui nous ont permis de comprendre ce qu’il voulait et d’élaborer ensemble l’illustration avec les miniatures de lui-même sur la table d’un restaurant à l’américaine.

Projet de visuel pour "Here" de Gaspard Royant

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