L’interview de John Jay

Nous avons rencontré l’illustrateur John Jay à New-York en juillet 2008 à l’occasion d’ICON 5, la biennale des agents et des illustrateurs américains. Le courant est immédiatement passé entre l’Agent 002 venu trois jours en prospection pendant le « Road Show » et l’illustrateur new-yorkais, professeur de dessin à la très réputée Parson School de New-York. Son arrivée dans l’équipe d’Agent 002 s’est officialisée en 2009 à l’occasion d’un portrait de Barack Obama en couverture du magazine Monsieur.

Agent 002: Quel parcours scolaire as-tu suivi, et comment s’est prise ta décision de devenir illustrateur ?

John Jay: Je me suis spécialisé en illustration de mode à la Fashion Institure of Technology de New-York. J’ai décidé de devenir un illustrateur parce que j’aime dessiner depuis ma petite enfance. J’ai lu beaucoup de bandes dessinées, et j’ai été très inspiré par toutes ces bulles que je parcourais avec soin une à une.

John dans son atelier

Agent 002: Combien de temps, par jour, passes-tu dans ton atelier ?

John Jay: Cela varie, le plus souvent, si je passe trop de temps sur l’image que je suis en train de travailler, alors il est est préférable que je fasse une pause pour y revenir le lendemain avec un regard neuf. Mais cela dépend également de la deadline du projet.

Agent 002: Parmi les artistes ou les styles qui t’ont influencé, qui sont pour toi tes maîtres à penser, tes incontournables ?

John Jay: J’ai toujours pensé que mon style est une combinaison de beaucoup d’influences d’artistes que je continue d’admirer. J’aime le travail de Bob Peak, René Gruau, Ben Shahn, John Singer Sargeant, Richard Avedon, Anton Corbijn, et Alfred Hitchcock pour en citer quelques-uns. En peinture, la période impressionniste représente aussi beaucoup pour moi.

Agent 002: Lors d’une commande, y’a t-il des concessions obligées par rapport à tes envies profondes ?

John Jay: Je pense que devoir concilier les deux, le goût personnel et la demande, m’aide à rester compétitif et en éveil. S’il doit y avoir concession, ce sera avec moi-même.

© John Jay

Agent 002: Quels sont tes secrets de fabrication, et le processus pour faire une bonne image ?

John Jay: Je commence toujours par un brainstorming sur mon carnet de croquis. Puis je recherche des textures et alors je commence à dessiner. Les dessins me parlent et m’indiquent quoi faire et vers quoi aller. Une bonne musique en fond sonore est indispensable.
Au commencement, ce qui est important, c’est de bien faire attention aux détails, de bien comprendre le brief. L’étape clé, c’est toujours le moment où l’on doit montrer ses idées au client pour la première fois. Je pense que c’est le brise glace pour chaque commande.

Agent 002: Parmi tes expériences professionnelles, as-tu une campagne plus marquante que les autres ?

John Jay: Hummmm… J’aime penser que chaque commande est mémorable. Bonne ou mauvaise, cela m’apprend toujours quelque chose. En ce moment, j’adore réaliser des couvertures de livre. J’adore aller dans des librairies et voir dans les rayons les couvertures que j’ai illustrées. Entrer dans une librairie, c’est presque comme d’aller dans une galerie d’art.

Agent 002: En dehors de ton travail, as-tu un violon d’Ingres ?

John Jay: Quand je ne planche pas sur une commande, je travaille généralement pour mon book, à la création de nouvelles images personnelles. J’essaie de trouver mes prochaines inspirations. Je fais souvent des séances de dessins de nus traditionnels pour améliorer mon trait. Mon meilleur passe-temps, c’est le dessin!

© John  Jay

Agent 002: As-tu un projet non réalisé qui te tient à cœur ? A travers quelle forme : BD,expositions, animations, mode, création textile…

John Jay: Mon but en tant qu’illustrateur est de promouvoir l’ILLUSTRATION et de la voir reconnue en tant qu’ART, à part entière. J’ai récemment fait une bande dessinée en France et c’était la première fois. Cela m’a fait très plaisir. C’était un rêve qui est devenu réalité. J’espère qu’il y en aura d’autres bientôt. J’ai aussi toujours voulu faire des affiches de film:  une affiche pour un James Bond 007, par exemple. J’ai toujours aimé ces vieilles affiches de 007, des années 60 aux années 80. J’aimerais beaucoup revoir ce style.

Agent 002: Quels conseils donnerais-tu aux artistes qui cherchent à percer dans l’illustration?

John Jay: En une phrase, mon conseil est de rester toujours vrai dans son travail et de ne jamais abandonner son rêve, de rester en éveil, à l’écoute.

http://www.johnjayart.com/

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