Entretien avec Vincent Mathy

Vincent Mathy vit à Liège où il a commencé sa carrière aux éditions Dupuis il y a une quinzaine d’années et qui se poursuit aujourd’hui chez les meilleurs éditeurs jeunesse. Depuis maintenant un an, il renouvelle sa palette grâce à une nouvelle approche plus manuelle de son art avec de simples gommettes. L’occasion de lui rendre visite, et de faire un point sur une collaboration de 10 ans avec Agent 002.

Vincent Mathy en pleine préparation de l'expo "Aller-retour" de l'Articho. photo de Sophie Leroy

AGENT 002 : Tu as commencé par la bande dessinée chez Dupuis (avec Pierre Bailly comme coauteur), puis depuis quelques temps tu t’es tourné vers l’édition jeunesse.
Peux-tu nous expliquer ce choix de parcours ?

Vincent Mathy : Adolescent, j’ai eu un choc en découvrant, au hasard d’une bibliothèque, les bandes dessinées de Munoz et Sampayo. Mes goûts allaient aussi vers la ligne claire de l’époque. Durant mes études à Saint-Luc (Bruxelles) au début des années 90, j’ai compris à travers le parcours de Ever Meulen et Mariscal que le monde de l’image ne s’arrêtait pas à la bande dessinée. Il était dès lors évident pour moi que j’allais réaliser des images dans un cadre plus large. L’édition jeunesse était une façon assez simple de prendre pied dans le monde de l’illustration que je connaissais assez mal à l’époque.

Couverture d'un recueil de contes ,Editions P'tit Glenat, 2011

AGENT 002  : Tu fais partie de ces illustrateurs curieux, passionnés par l’histoire de l’illustration, et qui se nourrissent d’images pour enrichir leur travail.
Quels sont les maîtres qui accompagnent tes recherches quotidiennes?

Vincent Mathy : Paul Rand a dit qu’il était indispensable pour lui de combiner l’expérience pratique à une connaissance approfondie de l’histoire de sa discipline. Je suis 100% d’accord avec cela. Une fois le premier pied mis dans le monde de l’illustration, j’ai découvert un Eldorado qui, malgré une bonne quinzaine d’années de recherches acharnées, est loin d’être épuisé.
Une cascade de noms me vient alors à l’esprit. Je pourrais citer  Ever Meulen (ben oui, encore lui…), Tomi Ungerer, Otl Aicher, Saul Bass, Dick Bruna, Richard Scarry, Alain Grée, Ed Emberley, Alexander Girard, Enzo Mari, William Steig… mais aussi des créateurs plus obscurs que j’adore comme Fredun Shapur, Stepan Bohumil, Kurt Wirth, Laszlo Reber ou encore Wiktor Gorka.
Ma bibliothèque est très éclectique. Pour preuve, un de mes livres jeunesse préferé est « Tom & Tabby » d’André François (publié chez Delpire en 1963) qui est, je pense, à mille lieues de mon travail personnel.
Mes centres d’intérêts tournent aussi autour de disciplines périphériques à l’illustration telles que le design, la typographie, le logo, le dessin de motif, le folk-art, la céramique, la création de jouets ou encore la pédagogie …

puzzle avec pièces en bois encastrables , Djeco 2011

AGENT 002  : Ton travail a évolué depuis quelques mois avec une approche plus manuelle et l’apparition de gomettes dans tes images.
Quel a été le déclic et quelle est l’importance de cette nouvelle approche dans ton dossier ?

Vincent Mathy : Suite au travail commun réalisé avec Delphine Durand pour l’ exposition « aller-retour » organisée en 2010 par l’Articho, je me suis mis à utiliser des petites gommettes autocollantes rehaussées de gouache et d’encre de Chine. Ce travail plus intuitif met en avant deux de mes principales préoccupations « le jeu » et « l’économie de moyen ». J’y prends un plaisir fou !

Image en chantier…

Image finalisée pour les Cahiers de l'Articho (éditions en Marge 2009)

AGENT 002 : Peux tu nous parler de ton livre avec Jean-Luc Coudray, « les pensées à déplier »?

Vincent Mathy : La collection « Papillote » des Editions de l’Edune me semblait un bon endroit pour y installer mes images en gommettes …
Régis Lejonc ( illustrateur et D.A. de L’ Edune ) m’a fait confiance juste en voyant quelques pages sorties de mon carnet. La balle était dans mon camp. Cerise sur le gâteau, c’était sur des pensées de Jean-Luc Coudray dont je suis très fan.
Illustrer une pensée n’est pas simple, on peut vite la figer avec une image, tomber dans la démonstration visuelle pure et simple.
J’ai donc décidé de prendre ses pensées comme terrain de jeux en essayant d’inclure au maximum le lecteur comme troisième joueur.
L’idée était de créer la surprise en réinventant chaque fois le rapport entre la pensée et le visuel qui l’accompagne.

Les pensées à déplier

Les pensées à déplier

Les pensées à déplier

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