L’interview de Bomboland

Bomboland est un duo d’illustrateurs installé à Lucques, en Toscane. Maurizio Santucci (Aka Bombo) a fondé Bomboland en 2006 avant d’être rejoint par Elisa Cerri en 2009. Ils se sont connus pendant leurs études à l’école de Design de Florence et travaillent depuis lors en papiers découpés pour la publicité, la presse et la littérature jeunesse. Ils rejoignent l’équipe d’Agent 002 en février 2012.

Le duo Bomboland

composite de leur atelier

AGENT 002 : Depuis quand existe le duo Bomboland ? Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer comment vous vous partagez le travail ?

Bomboland : Nous nous connaissons depuis longtemps. On était dans la même école d’art quand nous étions étudiants. Bomboland a été créé au début par Maurizio (alias Bombo) il y a environ 6 ans. Il a commencé à travailler en free lance pour de petits clients locaux. Dès que les commandes sont devenues de plus en plus importantes, on a décidé de travailler ensemble. Il n’y a pas de date anniversaire précise de la création du duo Bomboland, on peut dire que c’est entre 2008 et 2009.

work in progress

Notre travail se décompose en différentes étapes et nous pouvons facilement travailler ensemble sur une même illustration. Maurizio fait les croquis et donne le caractère de l’illustration. Bomboland est reconnaissable à l’empreinte forte de ses personnages. Ensuite, nous travaillons à la réalisation de l’illustration finale et pour ça, nous n’avons pas de règles très précises. Parfois, c’est moi qui découpe le papier et qui met en volume l’ensemble, et c’est Maurizio qui fait la postproduction dans Photoshop ou vice-versa. Parfois, nous devons discuter d’une idée pour une illustration et c’est le moment où nous essayons de partager nos différentes approches pour trouver quelque chose de nouveau. Ce n’est pas facile!
Nous devons aussi nous occuper de la partie économique et administrative du studio et ça prend beaucoup de temps !

Ubi Banca - calendrier 2012

AGENT 002 : Comment abordez-vous vos images conçues avec du papier découpé et quel est la part de l’outil numérique dans votre création ?

Bomboland : L’un comme l’autre nous avons toujours été à l’aise en modélisation, peut-être parce que nous venons d’une école de design. Nous avons commencé à utiliser le papier pour une raison toute simple : ce n’est pas cher, c’est facile à couper et c’est facile à trouver. La première fois que Bombo a fait une œuvre en papier, il voulait avoir un objet réel à la fin, mais pas un collage classique. Alors, il a essayé de mettre plusieurs épaisseurs et le résultat a été une sorte de bas-relief en papier. Maintenant, nous travaillons de différentes manières, cela dépend de la demande du client et de l’effet que nous avons à rendre.

travail préparatoire en papier et finalisé sous Photoshop - client Nokia

détail

Après le découpage, nous travaillons les éclairages pour prendre la photo, puis nous utilisons des outils numériques pour travailler sur l’image photographiée. Nous aimons bien ajouter des textures et des détails dessinés. Ce mix est intéressant (enfin, nous espérons !) et nous donne la possibilité d’associer une illustration classique réalisée à la main à des papiers découpés et au numérique. Souvent, nous travaillons uniquement en numérique, mais dans ce cas-là, nous ajoutons des textures de papier ou d’autres matières. Nous aimons bien que le rendu soit légèrement « sale » et imprécis.

AGENT 002 :  quelles sont vos influences et envies prioritaires pour l’avenir ?

Bomboland : Nous sommes connectés en permanence et nous pouvons dire que les influences viennent de tout le monde et de partout. Quoi qu’il en soit, nous pensons que notre plus forte influence est l’illustration des années 50 et 60 en Italie et aux Etats-Unis. On peut aussi ajouter une certaine culture pop et, surtout pour Maurizio, la bande dessinée.

travail personnel - exposition galerie Seize (Marseille)

On n’a jamais assez d’idées pour l’avenir ! Nous aimerions élargir notre atelier à d’autres personnes et l’ouvrir à d’autres domaines comme l’animation ou la production de petits objets faits à la main. Notre type d’activité (je veux parler des illustrateurs) est fantastique parce que nous voyons tellement de choses différentes et les idées nous viennent sans arrêt. Le problème est que bien souvent nous n’avons pas le temps de tout faire.

travail personnel - exposition galerie Seize (Marseille)

AGENT 002 : vous avez aussi illustré des livres pour enfants.  Comment abordez-vous ce domaine de l’illustration par rapport aux autres commandes ?

Bomboland : Nous adorons illustrer des livres pour enfants, mais ce n’est jamais facile à concilier avec les commandes en cours pour la publicité et les magazines. La principale raison est la différence de temps de réalisation : pour illustrer un livre nous avons besoin de nous y consacrer exclusivement. Un livre a besoin d’une sorte de lenteur, pour trouver la bonne sensation, le rythme, la consistance de toutes les illustrations du livre. Au contraire, les commandes en publicité ou en presse  viennent tout à coup comme un tourbillon avec une échéance très courte (c’est bien connu ! ). Et nous devons alors nous rendre entièrement disponibles pour celles-ci.
Nous avons commencé à travailler pour des éditions jeunesse avec quelques couvertures . Puis nous avons illustré un livre des poèmes pour Bayard, en France « Est-ce que je eux avoir la tête dans les nuages et les pieds sur terre ? ».

"Est-ce que je eux avoir la tête dans les nuages et les pieds sur terre ?" - Bayard

extrait de "Est-ce que je eux avoir la tête dans les nuages et les pieds sur terre ?"

Le dernier, publié seulement en Italie pour l’instant, est « Storia Universale » de Gianni Rodari, chez Emme Edizioni. Illustrer un conte de Gianni Rodari est un honneur pour nous, car Rodari est une référence en Italie (et pas seulement en Italie bien sûr) en littérature enfantine. Ses histoires sont très modernes et très exigeantes. On a pu aborder cette histoire avec beaucoup de liberté. Le conte parle de l’origine du monde sans décrire d’images mais en donnant beaucoup d’idées, de sorte que notre imagination a eu carte blanche.

"Storia Universale" - Emme Edizioni

extrait de "Storia Universale"

Nous avons récemment terminé un livre « Autofuturo » pour Zoo Libri, le premier d’une nouvelle série de livres pour découper, plier et coller. Ce sera un livre avec beaucoup de voitures folles à faire soi-même en papier.

"Autofuturo" - on monte soi-même les éléments de l'histoire (Editons Zoo Libri)

Maintenant nous travaillons sur les illustrations de  « L’île au Trésor », publiée en Italie par ELI edizioni.  Ce sera prêt en mars.
Nous aimerions poursuivre notre exploration des tous les domaines de l’illustration et l’illustration pour enfants est l’une des plus intéressantes et amusantes, où l’on a plus de liberté que dans d’autres domaines.

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