Maëlle Rajoelisolo

Maëlle Rajoelisolo commence son activité d’illustratrice freelance en 2011 avec un projet de poupées mode pour l’e-shop Monnier Frères, et sort diplômée de l’ECV Paris en 2013. Elle est actuellement DA et illustratrice. Ses inspirations sont principalement la mode, l’animation japonaise et ses origines malgaches. Ses illustrations au crayon sont fraîches et pétillantes, à son image.

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Agent 002 : Ton trait délicat et ton traité aux crayons de couleur rapprochent ton travail du dessin de mode, comment en es-tu venue à l’illustration?

Maëlle Rajoelisolo : Petite, je dessinais tout le temps, mais je n’étais pas du tout attirée par la mode. Aller faire les magasins avec ma mère était un calvaire, je l’ai d’ailleurs laissée choisir mes vêtements jusqu’à l’âge de 12-13 ans (ce qui m’a valu pas mal de moqueries vis-à-vis de mes camarades de l’époque – j’étais la ringarde de service). C’est quand je me suis finalement dirigée vers des études d’art que j’ai commencé à m’y intéresser. Je me suis mise à dessiner des silhouettes habillées comme aux défilés après avoir découvert le travail de Fifi Lapin. Je trouve que le dessin de mode se prend souvent très au sérieux, avec cette envie de coller le plus possible à la réalité, presque comme du décalqué… Du coup, son travail m’a parlé, j’ai préféré jouer la carte des poupées (et surtout, je n’aimais pas la maladresse que mon trait rendait à chaque fois que j’essayais de dessiner des visages « réalistes »). J’ai encore énormément de choses à développer ne serait-ce que sur ce sujet là, mais pour le moment, je m’amuse, comme une enfant.

Maelle_2Au collège, je dessinais beaucoup de filles aux grands yeux et aux longs cheveux, avec des crayons pour enfants. Je me rappelle m’être inscrite en anonyme sur un forum de dessin et demander, à 13 ans, s’il était possible de faire éditer une BD entièrement dessinée aux crayons de couleur. On m’avait ri au nez, j’ai arrêté les crayons. Et pourtant, aujourd’hui, les plus beaux ouvrages à mes yeux sont ceux utilisant cette technique. C’est après la découverte du travail de Florent Chavouet (Tokyo Sanpo), alors que j’étais en 2 ème année à l’ECV Paris, que je m’y suis remise sérieusement. J’ai investi mes petites économies dans mes premiers Faber Castell, et mon amoureux de l’époque m’a offert la boîte massive pour Noël. La folie. Depuis, je ne les quitte plus. Je changerai sans aucun doute de technique un jour ou l’autre, mais pour le moment, j’ai encore mille choses à travailler.

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Agent 002 : Quelles sont tes influences, vers qui se porte ton admiration?

Maëlle Rajoelisolo : Comme pour beaucoup, j’ai été une grande, grande fan d’animations japonaises et mangas, avec une préférence pour les « Magical girls » (et oui). Ça peut aussi paraître cliché, mais j’adore l’univers de Miyazaki. Ce sont les illustrations de Monsieur Z qui m’ont donné mes premières envies de dessin de mode, même si à l’époque, je n’aimais pas ça et je m’habillais comme un sac. J’étais au collège, je voyais son travail partout, et je voulais tous les produits dérivés qu’il avait illustrés. C’était, je crois, une des premières fois que j’appréciais autant le travail d’un illustrateur. Vers mes 17-19 ans, je voulais dessiner comme Arthur de Pins. Sa façon de réaliser ses illustrations, presque cartoon, de gérer les couleurs, bref, tout ! J’étais (et je le suis encore) fan. Il a énormément influencé mon travail.

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Agent 002 : On évoquait le dessin de mode un peu plus tôt, mais peux-tu nous parler de ton travail pour 365C et de ton projet de fin d’étude?

Maëlle Rajoelisolo : Voilà deux ans que je travaille pour 365c. J’ai rencontré la créatrice, Rozina, par hasard lors d’une soirée, et je l’ai entendue parler d’un projet avec une illustratrice. J’y suis allée au culot et je lui ai tendu ma carte de visite. 365c est un concept de « bar à coiffures » en quinze minutes. Et comme Rozina souhaitait avoir un catalogue un peu original, plutôt que des photos, elle a préféré des illustrations… Donc tous les six mois à peu près, je réalise une vingtaine de dessins de coiffure pour chaque collection. C’est un gros travail, mais j’adore.

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Quant à mon projet de fin d’études ; j’ai travaillé sur la notion de « double culture », étant donné que je suis française d’origine malgache. Depuis que je suis petite, je sentais un certain décalage  entre mes camarades et moi, que ça soit en France, ou à Madagascar, sur plein de petits détails. J’ai synthétisé plein de souvenirs dans un livre, avec, en dernière partie, un travail de dessin sur ma vie de « parisienne ».

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Agent 002 : À choisir, quel serait le projet idéal pour toi?

Maëlle Rajoelisolo : Je ne sais pas, pour le moment, tout m’enthousiasme ! J’ai eu la chance de pouvoir participer à ma première exposition collective il y a peu, à la galerie Arludik, initiée par deux amies également illustratrices (Julie Olivier et Anne-Olivia Messana), avec beaucoup de gens dont j’admire le travail. C’est peut-être peu pour certains, mais pour moi, c’était fou. J’ai hâte de pouvoir renouveler l’expérience.
Sinon, j’aimerais, un jour, évidemment travailler sur un projet en rapport avec la mode.  J’ai eu, un moment, l’envie de développer des paperdolls combinées à un beau livre-objet, sur l’histoire du costume ou de la mode tout court. A voire si je prendrais le temps de creuser la piste…

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Agent 002 : As-tu un super pouvoir?

Maëlle Rajoelisolo : Je retiens les paroles de chansons comme personne. Je trouvais ça tout à fait banal, mais apparemment, ça en impressionne certains; on m’avait soupçonné de passer mes nuits à écouter de la musique en boucle pour tout retenir par cœur…

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