Entretien avec l’illustratrice japonaise HifuMiyo

Rencontre avec Miyoko Ogawa aka HifuMiyo, illustratrice japonaise nouvelle recrue de l’équipe d’Agent002 qui nous en dit plus sur l’influence de sa vie en France sur son travail d’illustration.

 

SelfportraitHIFUMIYO

 

HifuMiyo, peux-tu revenir sur ton parcours, comment es-tu venue à l’illustration ?
Je suis née à Hiroshima en 1986. Depuis l’enfance je rêvais de me rendre à l’étranger. Mon père, qui voyageait beaucoup, revenait toujours de ses séjours en Europe ou en Amérique avec des histoires fascinantes.
À 15 ans mes parents m’ont laissé partir faire mes études à Kyoto, où j’ai rejoint quelques années plus tard l’Université municipale des Arts. J’y ai étudié les techniques manuelles et numériques de sérigraphie en quadrichromie.
Je suis ensuite partie en France afin de trouver ma voie en tant que graphiste. Mon rêve de vivre à l’étranger se réalisait enfin, mais je n’étais pas certaine de vraiment savoir ce que je voulais faire.

dessin france HifuMiyo

La vie d’une étrangère est parfois difficile. Il faut apprendre la langue, chercher un job, se mettre au rythme local, assimiler les différences culturelles, etc. J’aurais voulu pour ma part être intégrée tout de suite, sans passer par cette période d’apprentissage. J’ai cependant assez vite réalisé l’intérêt de ces décalages culturels. Cela peut sembler étrange, mais ces différences avec ma culture natale m’ont finalement aidée à conserver et à affirmer mon identité.
J’ai alors ressenti le besoin d’exprimer mes sentiments et mes expériences de la vie quotidienne en France. La question du medium se posait : Écrire un blog ? Faire des photos ? Non, tout ceci ne me disait rien du tout. Timidement, j’ai alors fait mes premières tentatives de dessin sur tablette graphique, juste pour voir… Pourquoi timidement ? Premièrement, je n’avais pas dessiné depuis ma période étudiante. Deuxièmement, et sans vouloir sous-estimer mes capacités, je connais beaucoup de gens plus doués techniquement en dessin. Je ne considérais donc pas au départ  l’illustration comme un projet professionnel, mais comme le meilleur moyen d’exprimer mon expérience de l’extranéité.
Finalement, j’ai pris goût à l’illustration. J’ai dessiné une série intitulée « Travelogue In France » grâce à laquelle j’ai été nominée pour le concours international de graphisme berlinois Young Illustrators Award 2014.
Depuis, je me consacre complètement à l’illustration.

Comment s’est manifestée cette influence de la vie en France sur ton travail ?
Comment je viens de l’expliquer, depuis que je me suis installé en France en 2010 ma vie au quotidien à fortement conditionné mon style graphique.
Les sources d’inspiration ont été multiples. J’ai été influencée à la fois par les gens et les objets, mais aussi par des scènes parfois très banales de cette vie quotidienne qui m’entoure. Ces détails qui sont pour moi l’essence de la vie française sont ce qui m’inspire le plus.

dessin d'un jeune hippy en france

En quoi la culture visuelle qui t’entoure en France est-elle différente de celle que tu as connue au Japon ?
La société japonaise est submergée d’images, d’affiches, de signes graphiques et visuels. Des posters aux panneaux électroniques géants en passant par les publicités omniprésentes, l’univers visuel est saturé. Pour un artiste graphique c’est un environnement unique et intéressant, mais je crains parfois que cette modernisation de l’archipel se fasse trop rapidement et de manière incontrôlée.
En France l’univers graphique est plus discret.

illustration d'un groupe à une terrasse de café

Pour revenir à tes illustrations, comment décrirais-tu ton style ?
C’est très difficile à dire. Je réalise mes illustrations en numérique, mais dans un style fortement influencé par ma formation de travail artisanal en sérigraphie. Je souhaite exprimer avec une certaine douceur des sujets pas pour autant édulcorés. En d’autres termes, je pourrais dire que mon style d’illustration est « nostalgique mais aussi moderne ».

processus de travail de l'artiste japonaise HifuMiyo

Peux-tu nous en dire davantage sur ton processus de travail ?
Lorsque je travaille sur une nouvelle image, je commence par le crayonné. Je peux dessiner ce crayonné sur une feuille ou directement sur ma tablette graphique. Vient ensuite l’étape de la mise en couleur que j’effectue uniquement à l’aide de  Photoshop. Pour cette colorisation j’utilise des pinceaux que j’ai installés ou que j’ai parfois moi-même créés.

scène de vie dans un marché français

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je travaille sur un projet de communication visuelle d’une marque de vêtements française. Il s’agit d’un client pour lequel j’ai déjà travaillé et qui m’intègre dans ce projet en tant qu’illustratrice. Je serai en charge de la charte couleur de la marque, du graphisme, de l’identité visuelle, etc. En ce qui me concerne, je suis bien entendu ravie d’apporter mon point de vue. J’apprécie le fait qu’ils aient choisi une japonaise pour élargir et enrichir la définition de « l’esprit français » de la marque.

dessin d'un père avec son fils sur un vélo

Plus d’images d’HifuMiyo.

BO LUNDBERG un Zesto de Suède pour Renault

L’agence Marquetis a fait appel aux talents de Bo Lundberg afin d’illustrer l’ensemble de la campagne print et web du livret Zesto de RCI banque (groupe Renault). Entretien avec l’artiste qui nous en dit plus sur cette nouvelle série.

dessin groupe renault

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta nouvelle série d’images pour RCI banque ?
Il s’agit d’une série de 10 images que j’ai réalisées pour le compte de l’agence Marquetis One. Les images seront dévoilées progressivement au cours de ce début d’année 2015. Je peux déjà vous dire que ces illustrations représentent quelque chose d’un peu spécial pour moi. En effet j’ai travaillé un style graphique un peu nouveau pour moi. En général j’utilise plutôt des silhouettes, mais cette fois il a fallu que je dessine des visages assez détaillés. Le résultat est plus réaliste que sur mes dessins habituels, même si je pense avoir maintenu le côté très graphique qui caractérise mon travail.

RCI banque bo lundberg

Qu’est-ce qui dans le cahier des charges t’a amené à faire évoluer ton style ?
Tout a débuté par quelques mots permettant de situer le concept général de la série et un brief plus précis sur une des images. J’ai également reçu un tableau de tendances avec plusieurs images accompagnées d’un texte explicatif. Ensuite tout s’est déroulé relativement vite. Sur la première image je suis resté en contact permanent avec les créatifs de l’agence qui m’ont aidé à définir ce style qui correspondait à leurs besoins. Une fois cette première image terminée, j’ai pu développer sur le reste de la série.

illustration bo lundberg

Peux-tu nous expliquer plus précisément la manière dont tu as travaillé sur ces images ?
Les images finales peuvent paraître simple, mais chacune d’entre elle a exigé beaucoup de travail. Dans la plupart des cas j’ai commencé par composer la scène en modélisant les personnages. Dans un deuxième temps je réalise des croquis aussi précis et détaillés que possible. Vient ensuite l’étape digitale au cours de laquelle je dessine tout sur le logiciel Adobe Illustrator. Il y a beaucoup d’étapes entre le croquis initial et l’image finale. J’ai montré chacune de ces étapes à l’agence à Paris et j’ai avancé vers l’étape suivante en tenant compte de leurs commentaires.

croquis bo lundberg rci banque

Sur quoi travailles-tu depuis que tu as terminé cette série pour RCI banque ?
Lorsque la commande du livret Zesto est arrivée, j’étais en train de travailler sur une super collaboration avec une grande marque de matériel électronique. Je vais par ailleurs bientôt débuter un travail pour une marque de camions, ainsi qu’une image pour la version allemande du magazine Elle.
Je dessine également un mur de 10 mètres de long pour un grand bureau à Stockholm. Ce mur sera composé de plusieurs sections présentant un mélange d’éléments abstraits et d’objets figuratifs. Le résultat sera en relief avec plusieurs couches superposées.
Une fois que j’aurai terminé tous ces projets, je vais probablement faire de nouvelles images et m’atteler à une série d’illustrations pour un livre de cuisine.
Plus d’images de Bo Lundberg.

Rencontre avec HELLO MARINE

Entretien avec Hello Marine qui revient pour Agent002 sur son parcours artistique, sa façon d’aborder le travail et ses nouveaux projets.

Volta par hello marine

Peux-tu revenir en quelques mots sur ton parcours ?
Après des études de communication en France, je suis partie pour l’Angleterre en 1998 avec l’idée d’y trouver ma voie.
J’éprouvais déjà beaucoup d’intérêt pour le graphisme et la typographie, et je collectionnais alors avidement magazines et flyers. J’ai ensuite été admise au collège d’Art et de Design de Plymouth dans le cours de préparation à l’université. Deux ans plus tard j’ai rejoint la section Design de l’université d’Arts de Brighton, et j’ai eu la chance durant trois ans d’être sous la tutelle de professeurs reconnus dans les milieux du design et de l’illustration. Après l’université j’ai fait un rapide passage dans des studio de design, mais j’ai vite réalisé que j’étais davantage attirée par le travail de l’image que par celui de la typographie. Je me suis donc mise à mon compte en tant qu’illustratrice en 2005. J’ai rejoint l’équipe d’Agent002 à Paris et j’ai depuis travaillé avec de nombreux clients tels que les Éditions Penguin, Lacoste, Time Out ou encore le New York Times.
En dehors de ces travaux de commande, j’ai développé un style plus personnel à travers des sérigraphies et des produits que j’expose et que je vends dans plusieurs galeries à travers le monde.

dessin de pomme

As-tu le sentiment que l’approche ou la culture du graphisme soit différente en Angleterre ?
Je ne suis pas certaine de savoir où en est la scène graphique en France aujourd’hui, même si je connais et adore le travail de certains studios comme l’Atelier Bingo, pour ne citer qu’eux…
Lorsque je suis arrivée en Angleterre en 1998, on entendait à peine parler du graphisme en France alors que la profession était déjà reconnue et respectée depuis bien longtemps chez nos voisins d’Outre-Manche.
Il me semble qu’en France le marketing décide de beaucoup alors qu’on laisse davantage de place à la créativité en Angleterre.

dessin d'un camion de glace

Quelles sont les différences entre ta façon d’aborder un travail de commande et ta manière de concevoir une nouvelle exposition ?
Les travaux de commande répondent à des attentes et des contraintes, et il est parfois nécessaire de faire quelques compromis artistiques. Les expo et les projets personnels permettent de se renouveler et de développer un style en toute liberté. Ce travail créatif débouche souvent sur une demande plus commerciale car ils offrent l’occasion de montrer de nouvelles choses à de futurs clients.

hello marine illustration

Pourquoi avoir décidé d’ouvrir une boutique en ligne ?
Je viens en effet de refaire mon site http://www.hellomarine.com/, et vous pouvez maintenant y trouver mes sérigraphies, résines, cartes et autres produits. Comme je l’ai expliqué précédemment, c’est une manière pour moi de rester libre créativement et de rester motivée. C’est aussi l’occasion d’explorer de nouveaux formats qui vont ouvrir de nouveaux champs dans mes illustrations et, je l’espère, de les rendre accessible à plus de personnes.

illustration d'ours

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je travaille sur de nouvelles sérigraphies, résines et différents produits que je ne peux pas révéler pour l’instant… Suivez moi sur Instagram, Facebook ou Twitter pour en savoir plus très bientôt !

dessin de tipi par hello marine

Plus d’images de Hello Marine .

Rencontre avec DRASIK STUDIO

The Drasik Studio nous en dit plus sur le parcours de ses fondateurs, sur ses accomplissements, ses attentes et ses projets à venir.

drasik studio

Qui est Drasik studio ?
The Drasik Studio est un studio de design indépendant et multi-disciplinaire basé à Barcelone depuis 2009 et fondé par Drasik (Vicenç Fontanet) et Monica Ferri. Nous sommes spécialisés dans toutes sortes de solutions créatives, du graphisme à l’illustration, en passant par l’animation et la direction artistique.
Nous avons travaillé pour des clients tels qu’Adidas, Damm, Audi, P&G, Nike Global, Dewar’s White Label, Infiniti, Seat, Honda ou encore Antonio Puig Perfumes.

Que faisiez-vous avant Drasik ?
Avant que Monica ne joigne Drasik pour créer The Drasik Studio, elle a travaillé durant 10 ans pour plusieurs boîtes de production à Barcelone. Elle était impliquée à la fois dans la coordination et dans la production de films, de documentaires et de pub télé.
Drasik a été plusieurs années directeur artistique et graphiste dans des studios et des agences de publicité. Par la suite il s’est concentré sur l’illustration en travaillant directement avec des clients et en offrant ses services en freelance pour des agences de publicité.

HONDA CRV

Illustration pour la campagne nationale Honda CRV / Agence : Villar-Rosàs.

Quels ont été les difficultés et les bénéfices de votre association ?
Notre studio a une « formule » peu commune du fait de nos passés de designer / illustrateur / directeur artistique et production / coordinations. Cette combinaison de savoir-faire (l’un dédié exclusivement aux parties créatives et l’autre gérant l’organisation, les tâches de production et commerciales) nous permet de travailler sur des projets plus gros et plus complexes.
Grâce à cette structure de studio nous pouvons offrir une gamme complète de services créatifs couvrant des projets complexes impliquants de grosses équipes, et approcher de nouveaux champs artistiques comme l’animation ou la vidéo 3D.
Drasik et Monica est un bon duo qui se complète et s’équilibre parfaitement.

nike house of troop

4 illustrations de stars NBA pour les boutiques Nike « House Of Troop » et Foot Locker Barcelone.
Ces illustrations sont basées sur la légende Catalane de Saint George et le Dragon.
Agence : Santa Marta..

Cet équilibre vous a permis de travailler sur de nombreuses campagnes. Quel est la commande d’illustration dont Drasik rêve encore ?
La commande d’illustration dont Drasik rêve en ce moment serait de réaliser les génériques de début et de fin d’un gros film comme Batman, Sin City, RocknRolla ou Old boy. Sinon, faire des illustrations pour un jeux vidéo ou une application pourrait être un défi intéressant.

festival du film de Saint Sébastien

Illustrations reprenant des affiches de films classiques pour le festival du film de Saint Sébastien sponsorisé par Audi.

Quel est l’état actuel de la communauté créative à Barcelone ?
En ce moment à Barcelone il y a une énorme communauté artistique et de très bons professionnels. Malheureusement la plupart d’entre eux sont obligés de s’expatrier en dehors d’Espagne, là où le travail artistique est mieux valorisé et là où les opportunités sont plus faciles à trouver.

Que faut-il attendre du Studio Drasik dans les mois à venir ?
Dans les prochains mois nous souhaitons concentrer nos efforts sur des contrats et des projets internationaux. Par ailleurs nous allons également continuer à travailler dans l’animation.

logo studio drasik